English Chamber Orchestra


Text by Pierre-Ange Vieillard de Boismartin

1. C`en est donc fait
2. Ah! qu`ils sont loin
3. Meditation: Grands Pharaons
4. Non!...non, de vos demeures funebres
5. Dieux du Nil

Text:

`C`en est donc fait ! ma honte est assurée.
Veuve d`Antoine et veuve de César,
Au pouvoir d`Octave livrée,
Je n`ai pu captiver son farouche regard.
J`étais vaincue, et suis déshonorée.
En vain, pour ranimer l`éclat de mes attraits,
J`ai profané le deuil d`un funeste veuvage ;
En vain, en vain, de l`art épuisant les secrets,
J`ai caché sous des fleurs les fers de l`esclavage;
Rien n`a pu du vainqueur désarmer les décrets.
A ses pieds j`ai traîné mes grandeurs opprimées.
Mes pleurs même ont coulé sur ses mains répandus,
Et la fille des Ptolémées
A subi l`affront des refus !
Ah ! qu`ils sont loin ces jours, tourment de ma mémoire,
Où sur le sein des mers, comparable à Vénus,
D`Antoine et de César réfléchissant la gloire,
J`apparus triomphante aux rives du Cydnus !
Actium m`a livrée au vainqueur qui me brave ;
Mon sceptre, mes trésors ont passé dans ses mains ;
Ma beauté me restait, et les mépris d`Octave
Pour me vaincre ont fait plus que le fer des Romains.
Ah! qu`ils sont loin ces jours (etc.)
Mes pleurs même ont coulé sur ses mains répandus,
J`ai subi l`affront des refus.
Moi !... qui du sein des mers, comparable à Vénus,
M`élançai triomphante aux rives du Cydnus !
Au comble des revers, qu`aurais-je encore à craindre ?
Reine coupable, que dis-tu ?
Du destin qui m`accable est-ce à moi de me plaindre ?
Ai-je pour l`accuser les droits de la vertu ?
J`ai d`un époux déshonoré la vie.
C`est par moi qu`aux Romains l`Égypte est asservie,
Et que d`Isis l`ancien culte est détruit.
Quel asile chercher ? Sans parents ! sans patrie !
Il n`en est plus pour moi que l`éternelle nuit !
Grands Pharaons, nobles Lagides,
Verrez-vous entrer sans courroux,
Pour dormir dans vos pyramides,
Une reine indigne de vous ?
Non !... non, de vos demeures funèbres
Je profanerais la splendeur !
Rois, encor au sein des ténèbres,
Vous me fuiriez avec horreur.
Du destin qui m`accable est-ce à moi de me plaindre ?
Ai-je pour l`accuser le droit de la vertu ?
Par moi nos dieux ont fui d`Alexandrie,
Et d`Isis le culte est détruit.
Grands Pharaons, nobles Lagides,
Vous me fuiriez avec horreur!
Du destin qui m`accable est-ce à moi de me plaindre ?
Ai-je pour l`accuser le droit de la vertu ?
Grands Pharaons, nobles Lagides,
Verrez-vous entrer sans courroux,
Pour dormir dans vos pyramides,
Une reine indigne de vous ?
Non, j`ai d`un époux déshonoré la vie.
Sa cendre est sous mes yeux, son ombre me poursuit.
C`est par moi qu`aux Romains l`Égypte est asservie.
Par moi nos dieux ont fui les murs d`Alexandrie,
Et d`Isis le culte est détruit.
Osiris proscrit ma couronne.
À Typhon je livre mes jours !
Contre l`horreur qui m`environne
Un vil reptile est mon recours.
Dieux du Nil... vous m`avez... trahie !
Octave... m`attend... à son char.
Cléopâtre en... quittant... la vie,
Redevient digne de... César !`


Anne Pashley - soprano. Recorded in 1967, London.
Added by: Osobnyak , 15.01.2018 15:26